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48h à Grand-Mère

Par Isabelle Millaire

Je crois qu’il n’y a qu’au Québec où on retrouve des noms de villes et villages aussi exotiques que Moisie, Les Boules et Grand-Mère! Sincèrement, je ne m’attendais à rien en partant pour la fin de semaine avec mon homme à Grand-Mère, à part passer, enfin, un peu de temps ensemble.

Ce n’est pas une fléchette lancée à l’aveuglette sur une carte du Québec qui a décidé de notre destination, mais plutôt le tournoi Colts; un tournoi de curling pour les équipes ayant au maximum 5 ans d’expérience.

Voici donc, en condensé, les moments-clés de notre petit séjour sans les enfants.

La première chose que j’ai fait: m’informer sur notre destination. C’est ainsi que j’ai appris que le nom Grand-Mère vient d’une légende amérindienne, inspirée par un rocher aux allures de vieille femme.

Ensuite, l’homme a farfouillé sur Internet pour nous dénicher une chambre d’hôtel.

Arrivée à l’hôtel Marineau
Nous avons été reçus à la réception de l’hôtel par une dame à la longue chevelure grisonnante et au large sourire. Après les informations d’usage et nous avoir confirmé que l’aréna de curling était à quelques minutes seulement de notre logis, elle nous a recommandé un restaurant aux portions généreuses de type cuisine familiale.

Notre souper au Palace
Suivant la suggestion de notre hôtesse, nous avons pris notre premier repas à Grand-Mère au Palace. Facile à trouver, bondé… et personne pour nous désigner une table. On a donc choisi notre banquette et, affamés, on a commencé à commenter le menu en sirotant un Coke diète. Mon Coke finit et mon choix fait, je me suis mise à la recherche de notre serveuse. Je tentais désespérément d’établir un contact visuel avec une des filles sur le plancher… J’étais en train de m’autodigérer et je voyais filer les aiguilles sur l’horloge haut perchée sur le mur d’en face. L’homme et moi étions en voie de conclure « qu’à Grand-Mère, les gens ne sont vraiment pas pressés! » quand une serveuse s’est approchée de notre table en s’excusant de nous avoir oubliés. Sourires crispés de notre part: nous avions maintenant moins de 30 minutes pour manger. Nous avons commandé rapidement nos burgers respectifs: lui pomme et brie et moi, portobello et chèvre. Ici, je dois préciser quelque chose: dans ma tête, pour une raison obscure, j’étais persuadée que c’est un immense champignon portobello et une épaisse tranche de fromage de chèvre dans un pain hamburger que j’allais recevoir. 15 minutes ont passé. L’homme et moi tentions de rester zens. Nos assiettes enfin servies, la mâchoire me tombe: j’ai une grosse boulette de bœuf, des mini champignons et très peu de chèvre dans mon burger. Je ne mange pas de bœuf. Je ne suis pas végétarienne, mais je ne mange pas de bœuf. Oui, oui, vous avez bien lu: j’ai commandé un burger et fut étonnée de voir arriver une grosse boulette de viande… Nous avons ri de bon cœur en échangeant des morceaux de notre repas. Repas englouti en 7 minutes top chrono! On est sortis rapido du resto. (Bien oui, on a payé avant!) L’homme a fait démarrer l’auto à distance… pendant que je m’affalais de tout mon long dans la neige. J’ai ri. Tellement que j’en ai pleuré! Mes premières heures à Grand-Mère ont été mémorables!

L’aréna
Il y a quelques années, l’aréna de curling a passé au feu. Six ans de pourparlers entre la Ville et les divers paliers de gouvernement. Un an de reconstruction. Donc, « sept longues années sans curling », m’a dit une bénévole. « Là, c’est toujours plein! Pour venir jouer si tu fais pas partie d’une ligue, c’est la fin de semaine. Sur réservation. » Donc, si tu viens à Grand-Mère et que tu veux essayer le curling dans cet aréna moderne aux glaces super de niveau (dixit un des participants au tournoi, émerveillé par la qualité des trois glaces), je te conseille de réserver ta plage horaire rapidement!

C’est maintenant au tour de l’homme et de ses coéquipiers de lancer des pierres et de balayer hard. Ils affrontent les champions en titre. Mon équipe s’est bien défendue, mais s’est inclinée 8-4. La bonne humeur règne malgré la défaite. Accolade, bisous sur les joues; « À demain pour le match numéro 2! »

Bénie sois-tu grâce matinée!
Le deuxième match en question était le lendemain à 18 heures. Il fallait retrouver l’équipe à l’aréna pour manger un morceau à 17 heures. Pas besoin de réveil donc. Pas de chat ni de cocos lève-tôt non plus pour nous réveiller. Comment vous décrire la joie pure et intense qui est montée en moi au moment où j’ai réalisé que je dormirais de tout mon soûl? Petit regard de connivence échangé avec l’homme; visiblement, il avait pensé la même chose!

Journée relaxe à Grand-Mère
Nous avons dormi jusqu’à 9h sans interruption: gros luxe!

Puis, en pyjama, les yeux encore ensommeillés et main dans la main, nous sommes allés dans l’aire commune pour prendre notre petit-déjeuner continental inclus. Café et croissant. Re-café. Re-re-café. Petit moment à se regarder dans le blanc des yeux et à réaliser que ça arrive pas souvent de se retrouver devant une journée blanche. Comme dans page blanche. Spontanément, l’estomac plein, qu’est-ce que nous avons voulu faire? Explorer les alentours? Que nenni! Une sieste, pardi!

©Eric Couchesne


Visite de la galerie d’art Lumière au Pinceau
Revigorés par notre sieste, nous sommes allés visiter une galerie d’art, Lumière au Pinceau, située dans un ancien couvent centenaire. C’est Lucie Milette, propriétaire et artiste fort sympathique qui nous a accueillis. Seuls dans la galerie, nous avons pu observer et commenter à notre guise les toiles et sculptures qui nous entouraient. Ici et là, Lucie nous donnait des précisions sur une œuvre ou sur un artiste. C’est ainsi que j’ai appris que les magnifiques sculptures d’Hélène Bédard étaient faites de matières recyclées. Des natures mortes, des portraits, des paysages, de l’abstrait et du figuratif; on trouve presque de tout chez Lumière au Pinceau! Mais rien ne jure. Tout y est installé, accroché avec soin et en harmonie avec son voisin. Des fauteuils invitent à s’arrêter pour contempler. Décidément, cet endroit appelle à ralentir le rythme pour s’imprégner de beauté. Nous sommes ressortis en nous promettant de revenir lors du symposium des arts.    

L’intérieur invitant de la galerie d’art Lumière au Pinceau.


Un café-musée qui vaut le détour
Nous n’avons eu qu’à traverser la rue pour nous rendre à ce qui fut définitivement notre coup de cœur de ces 48 heures: le Café bucolique.

Lucie Brochu a acheté une vieille maison et l’a retapée de façon magistrale et, sans le savoir, la remettait comme elle était lors de sa construction. Le premier étage a été transformé en café-restaurant et elle habite le second. Déjà avant d’avoir son café, elle collectionnait le passé. Et elle a continué. Pour notre plus grand plaisir. Chaque coin et recoin a sa thématique. Nous étions assis dans le coin couture. Une vieille table de « moulin à coudre », comme disait ma grand-mère, nous servait de table. Sur le mur près de moi: des emballages de bas de nylon avec les slogans d’époque. Du côté de mon homme, des corsets, des bobines de fil et des fers à repasser surannés. Partout où nos yeux se posaient, nous découvrions un détail du passé ou des phrases nous incitant à savourer le moment présent. Le Café bucolique est un véritable musée du quotidien de nos ancêtres. La salle de bain, refaite en entier par son conjoint Pierre, vaut à elle seule le détour.

« Notre » coin couture chez Café bucolique.


Le Café bucolique, qui a eu 10 ans en juillet dernier, sert des latte et des cappuccino digne de ce nom. Toute la nourriture est « maison ». Si vous y allez, faites comme nous et gardez-vous de la place pour un succulent dessert! Par la fenêtre près de laquelle j’étais assise, un écriteau : « le bonheur ». Tellement approprié! Nous étions agréablement dépaysés. En quittant les lieux, nous avons eu ces mots, sincères, pour Lucie : « À la prochaine! »

Petit aperçu du Café bucolique.

Souper au club de curling
La dernière étape de notre journée était le match de curling de l’homme. Avant le match, nous avons mangé du poulet de la rôtisserie Fusée. Ça nourrit. Pis j’aime ça, le poulet rôti. Mais je ne pense pas que ça mérite un quelconque commentaire gastronomique 😉

Le match s’est terminé plutôt abruptement. Mon équipe a perdu. Partie, la joyeuseté de la veille. Nous sommes repartis à l’hôtel la mine un peu basse. Pour nous changer les idées, nous avons regardé un (mauvais) film à la télé. La tête de l’homme sur mes genoux, mes doigts dans ses frisous, on était bien. Juste bien. Là. Dans le ici-maintenant.

Oui, Grand-Mère, nous reviendrons.

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