LEBON Trait d'union
Voyages

48 heures à Quito: sortir et s’amuser comme un local

Par Cheryl Coello

JOUR 1:

Pour bien commencer la journée, direction le Marché de Santa Clara pour un déjeuner criollo. Autant se le dire, les Quiténiens ont l’habitude d’avaler un solide repas dès le matin : une soupe et un plat de boeuf ou un ragoût de poulet accompagné de riz, qu’on appelle là-bas secos sont parmi les plats typiques que vous devez absolument goûter pendant votre séjour ici!

Le Marché de Santa Clara a l’avantage d’être très bien situé puisqu’il est au coeur de la ville et comme c’est un grand marché, la variété et la fraîcheur des produits sont exceptionnelles. Que ce soit pour acheter des fruits, des légumes, du fromage ou de la viande, il y a matière à se préparer un excellent repas soi-même avec des ingrédients locaux si le coeur vous en dit!

Une fois que l’on est  solidement rassasié, surtout s’il fait beau, rien ne vaut une balade matinale dans le centre-nord de Quito. Depuis le Marché de Santa Clara, plusieurs options sont possibles mais je préfère emprunter l’avenue 10 de Agosto ou l’avenue las Amazonas, car ce sont deux axes commerçants agréables qui proposent des produits locaux distincts, donc si vous avez le temps, n’hésitez pas à les parcourir toutes les deux. Dans ce domaine, le Marché Mercado Artesanal La Mariscal est un incontournable pour trouver de l’artisanat local de qualité, sans compter qu’il est central et qu’il se trouve dans une zone vraiment sécuritaire. Même si vous n’êtes pas intéressé(e) pour acheter quoi que ce soit, c’est une belle vitrine pour le savoir-faire des artisans de tout le pays et ça vaut le coup d’oeil! Vêtements, bijoux, café, chocolat, maroquinerie et chaussures en cuir, souvenirs ou déco, les allées débordent de belles choses qui traduisent un savoir-faire unique. Mon conseil? Si quelque chose vous intéresse, prenez-le, touchez-le, prenez votre temps et ne vous laissez pas impressionner par les vendeurs. Vous pouvez aussi discuter le prix, mais parfois c’est déjà si peu cher et si joli qu’il m’arrive d’acheter sans même négocier.

À deux pas du Marché artisanal se trouve la Maison de la culture équatorienne Benjamin Carrion. C’est un complexe culturel résolument moderne que les amateurs d’art ne voudront pas manquer, de passage dans la capitale. Pour bien préparer votre visite, n’hésitez pas à repérer les activités en cours lors de votre séjour directement sur leur site. Visite du musée d’Art colonial, d’Art moderne ou des Instruments de musique, visionnement d’un documentaire ou d’une production de cinéma alternatif, passage à la cinémathèque ou spectacle de théâtre, le choix est riche et l’offre culturelle très variée. Si votre niveau d’espagnol le permet, n’hésitez pas à vous inscrire à un atelier artistique et sinon, les jardins impeccablement entretenus de la Maison en feront un havre de paix que vous apprécierez!

Après avoir déambuler entre les pièces d’artisanat et les oeuvres d’art, dans les rues et au musée, c’est le temps de se restaurer un peu! Je recommande deux options pour le dîner dont la  Cafetería Restaurant Meneses e Hijos. Attendez-vous à y trouver du bruit, des liqueurs en fontaine et de grandes tables que les clients partagent même s’ils ne se connaissent pas, mais c’est ce qui, selon moi, en fait un endroit vraiment convivial où l’on peut se lancer dans toute sorte de discussions et de rencontres. Avec son look de dinner américain des années 60, les amateurs de vintage apprécieront ce restaurant très couru de la capitale équatorienne. Côté repas, on retrouve les classiques des fast-food américains mais avec une touche équatorienne qui selon moi, vaut bien le détour! Bon et pas cher, on y va pour l’expérience et le mariage unique des cultures!

L’autre option que je recommande conviendra aux plus audacieux! Direction le Marché central,  “Mercado Central”, à deux pas du centre historique de Quito, pour découvrir pléthore de plats typiques et populaires de la cuisine d’ici. J’adore le Encebollado (ragoût de poisson) ou la Fritada (viande de porc), sans compter les jus de fruits frais en tous genres, un incontournable! Cela dit, je préfère vous prévenir, les sauces sont délicieuses mais vraiment piquantes, les amateurs de piments seront au paradis et les autres seront… prévenus!
Bien mangé? C’est donc le temps d’aller profiter de la Grande Place ou “Plaza Grande” et de la douceur de vivre de l’après-midi. Assis(e) sur un banc, rien de tel pour observer le spectacle du centre historique reconnu Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1978, la beauté pittoresque de son architecture et le ballet des passants qui s’y croisent. Si le coeur vous en dit, des marchands ambulants proposent des produits dérivés de la feuille de coca ou une boisson de médecine naturelle à base d’aloe vera mais vous pouvez aussi opter pour un café et un dessert. Dans ce cas-là, je recommande le Galeria Café, situé à côté du Palais municipal, juste en face de la Grande Place. C’est un endroit très sympa qui offre du café de Zaruma et du chocolat Pacari, une marque équatorienne dont le prestige jouit d’une notoriété internationale. Côté dessert, impossible de résister aux desserts gourmands et à l’attention soignée qu’on y reçoit. Bon à savoir: un point d’information touristique se trouve aussi á côté du café et si la durée de votre séjour le permet, des options d’excursions peuvent être intéressantes.

Toujours en face de la Grande Place, ne manquez pas le “Palacio de Carondelet”,  la résidence  du Président équatorien. D’ailleurs, selon le temps dont vous disposez, les installations se visitent gratuitement et on peut même repartir avec une photo souvenir, mais il faut compter un bon 45 minutes pour le tour. Sinon, chaque lundi à 10:45 le matin, c’est le changement de garde officiel au palais présidentiel précisément et c’est là une cérémonie solennelle qui ne manque pas de retenir l’attention.
Avec tout ça, ne laissez pas la soif vous arrêter! Dans tout le centre historique, des vendeurs de jus de coco sont là : typiques et rafraîchissants, ces jus sont un vrai bonheur que les locaux apprécient! Pour les reconnaître, trouvez les noix de coco! Un petit creux encore? Alors c’est l’occasion de goûter une collation de rue tout à fait caractéristique d’ici, un maduro con queso: une banane plantain grillée, recouverte de beurre et d’un fromage doux type cottage. Hmmm!

Avant de quitter le centre historique, n’oubliez pas de passer voir la Vierge du petit pain, la “Virgen del Panecillo”. Du haut de ses 30 mètres de haut et presque 124 tonnes, cette statue en aluminium surplombe la colline “El Panecillo” qui tire son nom de sa forme ronde comme un petit pain tout simplement! Pour vous donner une idée, cette statue de la Vierge dépasse en hauteur le célèbre Christ rédempteur de Rio de Janeiro et elle est devenue un des symboles les plus reconnaissables et visibles de la capitale équatorienne. Pour ceux qui veulent découvrir la ville, les belvédères autour offrent un panorama à 180 degré sans égal sur Quito. Voyageurs sur Instagram, laissez-moi vous dire que c’est un arrêt incontournable pour votre fil!

Après ce premier jour bien chargé à déambuler dans les rues du Vieux Quito, c’est à la Ronda qu’on peut aller décompresser. Considérée comme LA rue la plus emblématique de la capitale équatorienne, ses 80 établissements jouissent encore du lègue historique associé à l’esprit de bohème que les artistes lui avait donné au début du 20ème siècle. D’ailleurs, on a relevé des traces de vie dans ce “Montmartre” quiténien qui remontent à l’arrivée des Inca (1480), avant même la conquête espagnole, c’est vous dire si la place a toujours été prisée! Il est impossible de quitter la Ronda sans avoir goûté un canelazo. Cette boisson chaude et sucrée, agrémentée d’aguardiente (un alcool fort typique), est préparée le plus souvent à base d’orangettes appelées naranjillas mais vous pouvez en avoir d’autres fruits. Pour ce qui est de manger, tous les styles et toutes les atmosphères se trouvent ici, et comme toutes les options se valent, laisser vous donc guider par votre intuition!

JOUR 2:

Si vous avez abusé des canelazos la veille à la Ronde, il va vous falloir un bon déjeuner pour vous remettre sur pied et Happy Verde est une excellente adresse pour ça!  Comme son nom l’indique, avec son nom qui signifie littéralement “Joyeux Vert”, tous les plats sont préparés à base d’ingrédients “verts” et notamment de banane plantain pas encore mûre qui est d’ailleurs un des ingrédients phare de la cuisine équatorienne. Ici on la surnomme verde tout simplement! Les prix sont très honnêtes et je recommande chaudement le Tostón con mozzarella, jamón y huevo frito, de la plantain frite avec de la mozzarella, du jambon et un oeuf, un délice simple mais ô combien satisfaisant!

Maintenant que les batteries sont rechargées, en route pour le parc “La Carolina”, le Central Park de Quito. C’est un endroit superbe et chargé d’histoire! On dit que c’est ici que l’empereur inca Huayna Cápac venait se divertir et se reposer. Ce terrain de 64 hectares a ensuite appartenu à l’Hacienda La Carolina avant d’être finalement cédé à la municipalité de Quito. C’est un des plus grands parcs d’Équateur et il compte 42 courts et terrains de sport dont un pour les non voyants, des zones pour les enfants et une lagune artificielle sur laquelle on peut embarquer pour un tour de rames.

Dans le parc, on retrouve le jardin botanique ou Jardín Botánico et le musée national des sciences naturelles ou Museo Ecuatoriano de Ciencias Naturales. On peut y voir un avion de la Seconde guerre mondiale ou la Campagne de la Paix, un monument qui commémore l’armistice. Très pratique, il y a dans ce parc de nombreux stands de cuisine ambulants et des vendeurs de babioles et objets divers, mais surtout on y trouve des toilettes publiques et l’on peut y circuler à pied, en vélo ou en patins dans des zones réservées.

Pour dîner, j’apprécie toujours le coin de La Floresta. Le plus simple pour s’y rendre depuis La Carolina, c’est de prendre le bus sur l’avenue Las Amazonas jusqu’à l’avenue Colón.  Rendu(e) là, il suffit de prendre un autre bus qu’on appelle ici le “Colón-Camal”, jusqu’à son dernier arrêt Parque La Floresta et sur place il y a plusieurs options pour manger. Si vous aimez la véritable cuisine mexicaine et les cocktails à base d’agave, laissez-moi vous dire que La Fonda del Parque est LA meilleure place. Le Pico y Placa (juste en face, de l’autre côté du parc), offre quant à lui des spécialités locales excellentes qui vous feront tomber en amour avec la cuisine équatorienne.

Le Mar y Luna, ma troisième recommandation, est un restaurant péruvien qui pourra satisfaire les palais les plus exigeants, mais il vous faudra débourser un peu plus. Ce sont mes trois valeurs sûres pour manger et je suis certaine vous ne serez pas déçu(e)! Si vous avez un peu exagéré la veille et que,comme on dit ici vous avez chuchaqui, le meilleur remède est sans aucun doute un encebollado mixto completo, une soupe de poisson vraiment complète qu’on sert  à Marisquería Agua Azul. Je n’ai pas trouvé mieux que ce petit resto populaire avec sa cuisine fait maison pour se remettre sur pied!

Depuis la rotonde de la Floresta, on peut marcher pour déboucher sur le célèbre Mirador de Guápulo, en passant par la rue Rafael León Larrea. Depuis le mirador, on a une vue imprenable sur le quartier de Guápulo, la vallée de Cumbayá et, par beau temps, on peut même apercevoir l’impressionnant volcan Cayambe jusqu’à sa cime enneigée. Guápulo est un quartier plutôt bohème qui a le charme fou de l’architecture coloniale. Je ne peux que vous recommander d’aller parcourir ses jolies rues pavées où ancien et moderne se mêlent avec goût. Et pour sûr, n’hésitez pas à discuter avec les gens du coin sur l’histoire vraiment intéressante de ce quartier!  Pour un coucher de soleil mémorable, le Café Arte Guápulo est l’idéal, accompagné d’un café ou d’un canelazo de maracuyá,  la boisson alcoolisée chaude dont je vous parlais tout à l’heure mais cette fois-ci à base de fruit de la passion. Ce café est l’endroit parfait pour rencontrer du beau monde et il se peut même que vous y alliez un jour où les musiciens jouent – de façon prévue ou spontanée d’ailleurs, parce que c’est une place bien connue des artistes qui aiment s’y retrouver.

Une petite faim pour le souper? Descendez l’avenue De Los Conquistadores jusqu’au poste de police du quartier (Policía Comunitaria del barrio). Jusqu’à 20h vous pouvez prendre le bus, après quoi le taxi sera votre meilleure option, pour vous rendre jusqu’au Parc des Tripes, littéralement le Parque de Las Tripas, qui est en réalité le Parc Navarro, mais qui doit son surnom aux “tripes mishky”, des tripes à la braise et des guatitas, une sorte de fricassée à base d’estomac de vache qu’on y trouve. Il faut dire que tous les jours dès 16h, une enfilade de petits camions de rue s’entassent et proposent de la nourriture populaire typique de Quito. Si finalement vous n’avez pas tant faim ou que vous vous sentez moins téméraire, je vous conseille la fritada de porc o les empanadas de viento, des empanadas fourrées de fromage type cottage. Comme boisson, il faut absolument goûter au morocho, une sorte de chicha chaude à base de maïs. Ouvrez vos sens et votre esprit et allez-y doucement sur le piquant, vous vous rappellerez longtemps de ce petit souper local hors des sentiers battus!

Après l’exploration de Guápulo et un bon souper, la vie nocturne vous attend à nouveau dans la capitale équatorienne! En taxi ou en marchant, direction La Foch ou comme on l’appelle aussi la zona. C’est l’artère la plus connue de Quito pour sortir. Profitez-en pour photographier la touristique et immanquable Place Foch et jetez votre dévolu sur un des nombreux établissements: bars américains, bars de rock, et pour les fêtards vous trouverez des discothèques qui jouent de la musique latine, mais aussi des petits cafés tranquilles ou thématiques ou encore des bars sportifs. Vous pourrez sans doute me croiser à l’Epicentro, un bar de genre “motard” qui joue tous les types de rock, connus ou pointus, de groupes équatoriens et internationaux. Les tables et les chaises sont plutôt spartiates et on est collé à ses voisins, mais ça donne à la place une ambiance chaleureuse et relax et on finit toujours par se faire de nouveaux amis! En bon(ne) Quiténien(ne), profitez des promotions sur la bière et partagez entre amis en répartissant le contenu de la bouteille entre tous les verres autour de la table! Pour ceux qui seraient tentés par un endroit plus éclectique, le Café Democrático, offre plusieurs ambiances et il y a souvent des soirées à thèmes, des festivals de musique ou un DJ.  Si vous êtes du genre à vouloir pousser la chansonnette, il y a aussi des dizaines karaokés dans le coin pour vous exprimez. Profitez-en pour goûter des bières artisanales!

Si comme moi, histoire de prévenir toute gueule de bois vous aimez terminer la fête avec un bon coup de fourchette, direction New Taste of Town pour vous commander un combo burger/ frites. Même si l’assiette a l’air petite, pour être honnête, ça cale bien! Je vous conseille vivement la mayonnaise à l’ail dont les aimables propriétaires et employés – qui sont d’ailleurs Indians – ont la recette pour faire de ce plat bien connu une version très… internationale!

Que ce soit par taxi ou via l’application Uber, qui d’ailleurs fonctionne très bien dans tout Quito, c’est l’heure de rentrer! Si vous êtes une voyageuse solitaire ou que vous rentrez seule, n’oubliez pas de prévenir un ami ou de la famille et ensuite de les aviser que vous êtes bien arrivée. Quito n’est pas excessivement dangereuse mais selon moi, la prudence est quand même de mise. D’ailleurs, pour retrouver mes 10 conseils de comment voyager en solo de façon sécuritaire en Amérique latine quand on est une femme, retrouvez mon article ici. Ces conseils sont le fruit de mon expérience et ils peuvent servir aux voyageurs aussi!

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