Voyages

48 heures à Sainte-Foy – Entre curling et repos

Par Isabelle Millaire

Encore une fois, c’est le curling de l’homme qui me mène dans un endroit inconnu. Après Grand-Mère, direction Sainte-Foy!

Quelque peu pressés par l’horaire du premier match, les enfants sont rapidement déposés chez papi -bisous, bye-bye!-, et nous voilà en route pour Québec, rien que l’homme et moi.

«Si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour Québec!»

«Québec! c’est le coeur du pays du Québec!»

J’ai le cœur léger et je chante à plein poumons des bouts de paroles de chansons québécoises.

Sainte-Foy, ce n’est toutefois pas Québec-la-belle. Pas de plaines d’Abraham ni de château Frontenac en arrière-plan. En fait, notre hôtel ainsi que le club de curling Victoria où l’homme va disputer tous ces matchs sont situés en plein secteur industriel. On est loin du Vieux-Québec et de ses jolies bâtisses instagrammables! Ici, c’est brun. Beige. Avec beaucoup de neige!

C’est le prix d’abord et la disponibilité ensuite qui a motivé notre choix d’hôtel. Donc, pas de déco tendance. Que le strict minimum: un lit. Une télé. Une mini salle de bain. That’s it! Confortable, le lit. Très. Tellement que m’en décoller n’a pas été une mince affaire…

Le premier match était le vendredi soir. Le second, samedi de trop matin. Obligés de mettre une alarme pour ne pas passer tout droit, je me suis levée et préparée telle une automate. Le café avalé d’un trait et hop! à l’aréna!

Les yeux ensommeillés derrière mes lunettes (mes yeux ayant refusé de coopérer avec mes lentilles cornéennes), je regarde l’homme lancer les pierres et j’essaie de comprendre les stratégies de Bruno-le-skip. La partie est intéressante. Mais je bâille. Les dernières semaines ont été riches en nuits écourtées et en stress de toutes sortes. Je rebâille. Mon envie d’aller visiter l’aquarium s’estompe au rythme de mes bâillements répétés. Après tout, l’Aquarium sans les enfants, c’est moins sympa. À l’issu du match (une défaite serrée pour l’homme), je rêve de replonger dans le lit doux et chaud de l’Econo Lodge.

Mon rêve est exaucé!

Je sieste. Puis, réveillée par la télé allumée par l’homme, je somnole. Moitié consciente de ce qui joue. Ma joue appuyée sur l’épaule de l’homme, je me laisse bercer par sa respiration régulière. Je m’assoupis de nouveau. Sommeil léger mais sommeil quand même.

Quand j’émerge finalement, l’homme est en train de préparer son sac de curling. Quoi? Il est déjà l’heure de se préparer à souper pour ne pas arriver en retard et trop bourrés au dernier match qui est en début de soirée!

Dans ce quartier où les usines côtoient les McDo, Subway et A&W, la gastronomie a un goût de fast food. Nous optons pour de la très exotique pizza. Coucou, Mikes, nous voici!

Même si j’ai dormi pratiquement tout l’après-midi, la fatigue se fait sentir. Pour être capable d’encourager l’homme qui fait exceptionnellement ses premiers glissements en tant que capitaine, je prends un café, et me concentre. Autour de moi, tout plein de gérants d’estrade de bonne humeur qui, par leurs commentaires, me permettent d’apprécier le spectacle.

Une défaite crève-cœur.

Retour à la chambre d’hôtel où le lit me fait encore de l’œil. Lutter contre Morphée qui me tend les bras est trop difficile. Je me glisse sous les couvertures et, les yeux fermés, je demande… que dis-je, j’ordonne à l’homme de s’assurer qu’aucune alarme ne viendra couper court à ma nuit de repos.

Le lendemain matin, fait rarissime, c’est par moi-même que je me réveille. Je vois poindre la lumière du jour à travers les trous des rideaux usés. Comme dans les films, j’ouvre bien grand d’un coup sec lesdits rideaux pour laisser pénétrer pleinement le soleil dans la chambre. Ma vue n’est pas comme dans les films: un parking. Une façade de briques. De la neige. Mais la lumière du jour me fait sourire. Elle est annonciatrice d’un printemps prochain. De perce-neige et de tulipes multicolores.

J’ai hâte de retrouver mes cocos. Finalement, je suis contente que Sainte-Foy ait été un peu moche (no offense), j’ai ainsi pu me laisser aller à mon côté Garfield sans remords 😀

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