A une perruche du bonheur - LEBON Trait d'union
Famille,  Réflexions

À une perruche du bonheur!

Par Isabelle Millaire

Pour souligner la fête des Pères, celui de mes enfants, pas le mien, j’ai eu comme qui dirait (en l’occurrence, moi!) une bulle au cerveau. Un soir, mon homme, en voyant passer une publication sur son fil Facebook s’exclame: «On pourrait avoir une perruche?!» Et il me montre l’enfant d’un ami d’un ami qui a une perruche sur le doigt. En riant, l’homme poursuit: «Ah, c’est vrai, on a deux chats!» Mais moi, je ne saisis pas pantoute son ton blagueur. Dans ma tête fatiguée – il est tard, nous sommes au lit en train de regarder nos cellulaires (je sais: les écrans bleus nuisent à l’endormissement. Donc, ne le faites pas!!) – une idée germe: une perruche; voilà un excellent cadeau pour la fête des Pères! Il a toujours voulu un chien! Oui, vous avez bien lu: l’homme veut un chien, mais comme je suis allergique, je trouve tout à coup très «logique» de lui offrir une perruche… Chien et perruche, il y a ressemblance non? (not!)

Donc, le lendemain, avec des airs de conspiratrice, je mets au courant mes enfants de mon projet: acquérir une perruche. Bien sûr, ils frétillent de joie. Je dois presque chicaner ma Mimone pour qu’elle arrête ses sous-entendus pas du tout subtils en présence de papou.

Mon projet avance rapidement: mes enfants sont au courant et j’ai réservé (et payé) tout l’équipement nécessaire pour «élever» une perruche. Oui, pour moi, surtout à ce moment-là, le rapprochement entre une perruche et un chien se poursuit: l’homme, me dis-je le plus sérieusement du monde, va apprendre à parler et à siffler à Perruche et il va être super heureux de s’en occuper…

Bref, en deux jours, mon projet est passé de imaginé à réalisé! Nous sommes allés, les cocos et moi, chez Animaux Bouffe, une chouette animalerie de notre quartier. Les enfants sortent de la maison pour la première fois depuis le début du confinement et ils capotent littéralement! Mimone et Lou s’exclament devant les couleurs de certains poissons, rigolent en voyant le lapin tacheté comme une vache et hurlent de joie en découvrant le «laveur de vitre» dans un grand aquarium. Je regarde le propriétaire de la boutique et j’explique: «Ils ne sortent pas beaucoup ces temps-ci…!» Le proprio me sourit gentiment. Je demande aux enfants de choisir la perruche. Lou se range à l’avis de Mimone: la perruche bleue; seule de sa gang parmi les vertes. On revient à la maison. Ma progéniture se tortille sur le siège arrière, pressée d’arriver pour crier «surprise!»…

L’homme dépose son café quand nos deux petits énervés font leur entrée. Ils parlent en même temps, lui donnent une petite boîte en carton et crient: «Vite, elle va manquer d’air!» Bon, rassurez-vous, il y a des trous dans la boîte. Je monte rapido la cage. Mon homme est incrédule. Lou lui explique qui est l’heureux «papa» d’une perruche bleue. L’homme est sans mot. «T’es pas content?» L’homme me regarde l’air de dire: «…» Rien en fait. Je vous l’ai dit: il est sans mot!

Les enfants sont tellement heureux quand je libère enfin Gastonne (ce nom est une gracieuseté de papou) dans sa nouvelle maison.

Lou: «Je pleure de joie!»

Mimone: «C’est comme un rêve!»

L’homme: «T’es folle!»

Gastonne a été officiellement présentée en vidéo et en photos aux amis et à la famille. J’ai eu droit à une avalanche de câlins et à des «je t’aime» à profusion.

Après deux semaines, Gastonne ne parle pas encore mais pépie beaucoup.

Et elle génère toujours des sourires et des yeux qui brillent 😊