Love y Amor - Lebon Trait d'union

Par Hélène Lebon

Dans quelques jours, le 19 octobre, ça fera un an que Mario et moi sommes mariés. D’abord, il y a les souvenirs vivides mais brefs de cette journée passée très vite. L’émotion, l’impression de flottement, ma robe blanche qui tourne, les sourires, la cérémonie et ses larmes, ses rires, la fête, les amis et la famille. Cette première année n’a pas toujours été facile. On a parfois pensé ne pas passer le cap. Mais finalement, on est là et dans quelques jours on se relira nos vœux.

On se relira nos voeux

C’est une idée que nous a proposé Pascale, notre célébrante, alors qu’on préparait la cérémonie. Nous créer nos rituels à nous, sur-mesure, et aussi, nous avait-elle glissé, “parce que malgré l’amour, ça n’est pas toujours facile de rester un couple uni aujourd’hui. Se rappeler pourquoi on s’est choisi, c’est primordial et ça nous ramène à l’essentiel.” Dans quelques jours, je relirai donc à Mario, sans doute en tremblant encore, les 6 pages que j’avais rédigées le matin même, assise de travers dans le fauteuil vert du salon entre le maquillage et la coiffure, les questions et la jasette entre filles, dans l’émoi des coulisses et l'excitation du jour J. Pascale nous a ainsi amené des étapes, des moments pour rendre la cérémonie et le reste de nos vies, emplis de sens et protégés du reste. Souligner ce qui a de l’importance. Après un an, je la remercie.

Les vagues de notre alliance

Comme ça fait un an qu’elle et moi on est inséparables, je vais vous raconter une anecdote au sujet du design de nos alliances. Ce n’est pas exactement ce que j’avais en tête quand je les ai dessinées puis que nous les avons reçues, mais elles sont, en fait, à l’image de notre vie conjugale. J’avais pensé un beau flow, façon yin yang, or et argent, qui se fondent l’un dans l’autre. Vincent, notre joaillier, nous a pris, malgré le défi des délais serrés et a joué le jeu pour les vidéos. Comme on était pris par le temps, je n’ai pas voulu valider les matrices de cire et les alliances ont eu plus un motif de vagues entre l’or et l’argent qu’un fondu imbriqué. Maintenant j’en ri. Parce que notre vie est tout sauf un long fleuve tranquille, parce que 2020, parce que le confinement, la compagnie, le quotidien, parce que le déménagement sur l'île-du-Prince-Édouard, parce que nos caractères réciproques et nos forces qui sont aussi nos faiblesses. Pas d’excuses, des épreuves. Mais comme sur nos alliances, après un creux vient un pic. Si on a la tasse à moitié pleine tous les deux, c’est qu’on partage ce qu’on a, l’un avec l’autre. Quand parfois elle se vide, on la remplit ensemble du mieux qu’on peut. Vincent, en fait, plus qu’un joaillier, c’est un visionnaire et surtout, je crois, un artisan qui a créé une armure sur-mesure pour notre amour.

Quand on pouvait encore se marier entourés

Réunis, un terme presque surréel, galvaudé en ces temps de COVID. Réunis tout le monde, parce que c’est ce que fait l’amour et le bonheur et que ça nous rassemble à Mario et moi. Mes parents sont venus, premier vol pour eux, premier passeport pour maman, mais pas le dernier voyage, car eux aussi ont adopté mon mari et mon nouveau pays. Je regarde les photos en préparant cet article. Je regarde les vidéos qu’on a tournées pour ce jour-là. Je nous vois, tous ces gens parfois venus de loin, parfois des voisins, mais tous des gens de coeur à se tenir ensemble ce jour-là. Quelle drôle d’idée de placer une journée sur un pied d’estale, de célébrer un jour ce qui devrait durer toujours. Quelle drôle d’idée mais en même temps, dans toute la beauté de cette apparente contradiction, quelle grande nécessité. Où en sommes-nous les humains? Un jour à la fois, un jour par-ci par-là comme des vendanges à l’abri de la gelée, on a le bonheur grappillé.

Pour nos noces de coton

C’est donc un premier anniversaire. Un anniversary comme on dit dans notre nouveau chez nous. Enfin, comme on dit ici, car on n’a pas encore de chez nous, mais il faut bien reconnaître qu’en me mariant, Mario a épousé un peu aussi mon nomadisme. Notre vie tient dans un demi U-Haul, surtout rempli de cartons d’épices, de bouquins, quelques effets personnels. Il y a les plantes aussi, qu’on dépose plus qu’on ne plante d’ailleurs, mais veut-veut pas, le besoin d’une base arrière aussi, surtout dans ce contexte incertain. Alors en ce premier anniversaire de mariage, après presque 4 ans de vie commune, 3 comme partenaires d’affaires, 1 comme mari et femme, on cherche une maison sur PEI, une maison par trop grande, pour continuer nos rêves et nos voyages.

octobre 15, 2020 — Hélène Lebon

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