Réflexions

Journal en quarantaine: confinement félin

Par Marlène Lefebvre

Chère communauté,

Il est temps que je vous raconte mon confinement.

Ne vous inquiétez pas followers, ou futurs admirateurs (pour ceux qui ne me connaissent pas, voici l’histoire de mon adoption), tout va bien: je suis heureuse, pas de moral à zéro, pas de pénurie de papier, pas de problème de racines décolorées, ma voix vibre toujours aussi bien à l’heure du dîner, ma manucure est parfaite et bien pointue, mon haleine toujours aussi fétide. Ici, j’espère que vous aurez deviné que c’est Mouche qui parle. Pas celle qui me sert d’humaine-servante, Marlène, bien que son haleine soit souvent douteuse à elle aussi.

Alors voilà. J’entame ici mon journal de quarantaine féline. 

Officieusement, cette quarantaine a débuté il y a disons un petit mois. Officiellement, cela fait maintenant un peu plus de trois mois que je vis à la maison. En réalité, mes habitudes n’ont pas vraiment changé.

Trois mois car depuis le premier Janvier, Marlène travaille à la maison: les secondes passées en sa compagnie peuvent vite devenir des heures, longues et douloureuses. Mais, je fais avec, pour le moment, tout va. Le petit problème, c’est que maintenant Jules est lui aussi plus souvent à la maison à cause de la fermeture à son travail dû au virus planétaire… J’ai l’impression que ma perte pourrait arriver en claquant des doigts, mais on tient bon, tous autant que l’on peut.

On entend partout qu’avec la Covid-19, le monde animal et la nature, tout va et tout reprend sa place, l’environnement est heureux pis toute, … enfin pas partout, pas tout le temps, croyez-moi.

Je ne pourrais vous raconter jour par jour comment ça se passe ici, puis disons que je ne suis pas non plus à plaindre. Alors, je vais vous énumérer des anecdotes de cette quarantaine féline, avec deux humains à charge.

quarantaine feline-lebon trait dunion

Dans un premier temps, Marlène et son Jules sont partis en vacances durant les fêtes de fin d’année. “Ohlala le pauvre petit chat qui va être tout seul”, “ohlala le gros matou qui va s’ennuyer”, “ohlala…”. 

Croyez-moi que c’était la meilleure nouvelle depuis longtemps, et le meilleur cadeau qu’ils pouvaient me faire pour Noël. Attendez, je les aime, mais vous savez, piétiner un lit propre, se faire cajoler par leurs amis qui venaient me servir et nettoyer mes WC et enfin, être un peu seule des fois, quel bonheur. Mais bon, ils sont revenus, et plus vite que l’éclair. Et j’ai serré la main avec l’enfer: mes habitudes ont été un peu modifiées.

Et ça me caresse, me parle avec un air niais, me brosse, me porte comme un vulgaire sac de patates, essaie de m’épater avec des jeux conçus pour chats de gouttière. Comme on dit: “on les aime bien au village”…

3 heures du matin. Selon l’adage, l’avenir appartient aux gens qui se lèvent tôt. Je miaule et gratte à leur porte, histoire de câliner, mais je me prends un NON fort et rigide. Avant le confinement, ils ne profitaient pas de moi dans la journée, alors la nuit, j’avais au moins le droit à ça.

7-8 heures. Leur réveil qui sonne. Voilà. Dans mon panier, tranquille, mais non, là maintenant qu’ils ont le temps, ils viennent me réveiller, me prennent dans leurs bras et me baladent jusqu’à leur lit pour faire le câlin du matin quand ça leur convient. Avant le confinement, ils étaient trop pressés, pas le temps, j’étais tranquille.

Après ça, j’ai le droit à un peu de répit, je sors dehors. Confinement, oui, mais quand je peux être seule à l’appart. Ils sont là? Alors je sors. Il m’arrive de tomber sur le Gros Alicio, le chat de la voisine. Quand elle travaille, il y a des chances que personne ne le sorte dehors, mais maintenant qu’elle est dans son appart, dès que ce chat de bas étage veut sortir, elle le sort. Et le mec vient sur MON balcon. Pas de répit à l’extérieur non plus. Avant le confinement, j’avais mon balcon.

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Étant donné que mes humains sont là toute la journée, ils m’appellent à longueur de  journée (j’aime ça) d’un air complètement gaga (j’aime moins ça), me ridiculisant auprès des autres matous du quartier. Avant le confinement, j’étais l’imprévisible Mouche. Maintenant, je suis le pépère à sa mémère.

Tapis, canap’, lit, meuble, évier… Le mobilier de l’appartement m’appartient. Enfin. Il m’appartenait. Ils en viennent quand même à se rouler sur le tapis et à me caresser toutes les cinq minutes quand j’y suis installée. Le canapé, oui, mais j’essaie de leur faire comprendre que sans eux c’est mieux, alors je m’éloigne, loin, très loin. Avant le confinement, je leur laissais le droit de profiter de mon mobilier en soirée. Désormais, ils se l’autorisent toute la journée.

J’ai aussi le “privilège” d’être sur leurs genoux. Jamais ils comprendront que c’est un non non-discutable. Leur corps chaud et leurs papouilles. J’ai de longs poils, j’ai chaud en permanence… Je vous aime, mais laissez-moi tranquille. Avant le confinement, je l’étais.

Avant le confinement, je me plaignais déjà. Je ne savais pas à ce moment-là.

Puis quand même. Faut qu’on en parle. Je n’avais pas l’éventail de toutes leurs habitudes puisqu’ils étaient moins souvent là. Mais maintenant que je les ai sur le dos à temps complet, ou presque, on peut se le dire, ils sont bizarres mes humains.

Pourquoi ils ne profitent pas du lit toute la journée? 

Moi je ne me gêne pas avec mon panier en osier.

Pourquoi ils préparent à manger trois fois par jour?

Alors qu’une bonne assiette de croquettes au thon en libre service, c’est le top.

Pourquoi ils s’habillent avec des trucs douteux (Elle, elle a un jean troué avec un motif de carpe dessus, et un pull avec des poissons colorés… Elle croit probablement que je vais m’en approcher plus parce qu’elle se déguise en thon… elle a pas besoin de ça en plus.) Bref. Rester à poils (haha), c’est si parfait.

Puis, c’est quoi ça, passer son temps à pianoter sur un clavier, regarder d’autres humains derrière des écrans, faire des puzzles, mettre des plantes en pots, acheter des trucs à foison qui servent à rien, etc. … Je comprends bien qu’ils s’occupent comme ils peuvent, mais… Bref. On est définitivement pas pareils.

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Conclusion

“Vie de chien” tourne souvent au négatif. “Vie de pacha” au positif. 

Alors voilà. Sachez qu’avant d’être avec ces deux-là, j’étais en refuge.

Des fois, je me dis que je donnerais tout pour y retourner parce qu’ils n’ont pas la lumière à tous les étages, ces humains qui m’ont choisi. 

Mais des fois, bon dieu, comme c’est marrant de les voir. Disons que leurs conneries me font du bien au moral. Puis, ça m’arrache le coeur de l’admettre, mais c’est vrai que le câlin du matin, il est quand même agréable. Puis avoir un bol de croquettes au thon aussi. Puis un panier en osier aussi. Puis…

Bon allez, OK. Je reste. (Mais ils sont bizarres.)

Aussi, vous pouvez me suivre de plus près sur mon Instagram, j’y poste un peu de contenu. Puis c’est cool. Par contre, encore une fois, si une ou deux marques pouvaient me contacter afin que je sois bien plus famous, «ce serait le fun», comme on dit. Non parce que moi aussi je le vaux bien!

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