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Voyager seule en Amérique latine : 10 conseils de sécurité | Lebon trait d'union
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Voyager seule en Amérique latine: 10 conseils de sécurité

Par Cheryl Coello

L’Amérique latine c’est un peu comme un de ses bad boys à qui il est difficile de résister. On sait que les problèmes ne sont jamais loin, mais on rêve d’y succomber et le mystère qui l’entoure cache souvent un danger latent. Pourtant, qu’importe! L’adrénaline est là, notre curiosité est piquée, c’est l’appel de l’aventure…

Qu’on se le dise, il n’est pas impossible pour une fille de parcourir l’Amérique latine en solo, avec son sac à dos sur le dos. Mais pour que le voyage reste plaisant,  il est bon de prendre quelques précautions et de s’éviter ainsi bien des problèmes! Voici donc 10 conseils que je peux partager du temps où moi aussi je voyageais seule, vivant de ma musique et me promenant de la Colombie jusqu’en Équateur. Et croyez-moi, pour en avoir vu l’intérêt, j’applique encore aujourd’hui tous ces conseils quand je voyage sur mon continent!  

10 conseils pour Voyager seule en Amérique latine - Lebon Trait d'union
En faisant de la musique dans la rue – Popayán, Colombie

MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE GUÉRIR

Littéralement, “hay que seguir consejo para llegar a viejo”. C’est un vieux proverbe que ma mère m’a souvent répété et avec le temps, j’ai appris qu’il était bon de s’y tenir. Aussi téméraire et pleine d’audace que l’on puisse être, il faut se préparer pour l’aventure et c’est bien là, la meilleure façon de profiter du voyage!

Avant de partir dans un pays étranger, surtout la première fois, je recommanderais de noter l’adresse de son ambassade ou consulat dans les différentes villes sur le parcours que l’on prévoit. D’ailleurs le site de l’ambassade ou du ministère des relations étrangères est souvent une source d’informations pertinentes, que ce soit pour les visas, les vaccins, les restrictions douanières, les permis pour les animaux de compagnie, etc.

Une des options, c’est aussi de constituer son itinéraire selon les conseils des autorités et surtout d’entreprendre toutes les démarches en avance, que ce soit pour les réservations d’hébergement ou les informations sur les différents moyens de transport disponibles sur place.

VOYAGER SEULE ET BIEN ACCOMPAGNÉE

Une autre chose importante selon moi, c’est de créer des liens avec les autres voyageurs. Non seulement on peut grandir au niveau personnel, en découvrant d’autres histoires de vie et d’autres perspectives, mais ça permet aussi de se construire un réseau de personnes sur lesquelles on va pouvoir compter en cas de difficulté.

Bon à savoir aussi, les autres voyageurs sont souvent une source d’information non négligeable et les meilleurs guides quand on arrive dans une nouvelle ville.

Bien sûr, il faut faire preuve d’un peu d’intuition et de sens commun pour choisir ses compagnons de voyage lors d’un arrêt, mais une fois que l’on a trouvé la ou les bonnes personnes, ça vaut la peine de profiter et de partager ces nouvelles aventures ensemble!  

Il est à noter aussi qu’il existe des communautés virtuelles géantes de voyageurs comme Couchsurfing.com entre autres. Au sein de ces groupes, c’est l’occasion de trouver un endroit pour rester dormir “ chez l’habitant”, mais c’est aussi une excellente façon d’intégrer des groupes qui organisent des activités et des rencontres dans une multitude de villes autour du monde! Ce que j’apprécie particulièrement de cette option, c’est le système de références et de “réputation” via les commentaires, un vrai plus qui permet de bien choisir le meilleur hôte selon nos affinités et nos intérêts ou encore de se faire un groupe d’amis.

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Des nouveaux amis et moi (chapeau rouge) – Santa Rosa de Cabal, Colombie

ON RESTE DORMIR LÀ OÙ ON POURRA FERMER LES YEUX

À celles qui préfèrent louer un hébergement plutôt que de partager son espace avec un(e) ou plusieurs voyageurs, j’attire leur attention sur quelques détails bien particuliers à ne pas négliger… Dans la mesure du possible, je déconseille très fortement de louer une chambre dans des motels qui font payer à l’heure ou des pensions parce que les plus économiques sont bien souvent des repères pour les prostituées ou les vendeurs de drogues illicites et en général, ces lieux sont fréquentés par des gens peu recommandables. Avec tout le respect que méritent les filles de joie, en tant que voyageuse solitaire, il vaut mieux éviter de passer pour l’une d’entre elles et se retrouver dans des situations inconfortables voire dangereuses.

Ce genre d’hébergements sont aussi régulièrement la cible de vols et cambriolages dans les chambres.

Il vaut donc mieux chercher des hôtels ou des auberges dans des zones considérées comme “sûres”, une bonne façon aussi de pouvoir profiter de l’endroit à toute heure avec plus de tranquillité d’esprit. Tant qu’à être dans une zone plus sûre, ça peut valoir la peine de demander à la réception des conseils et des informations sur les itinéraires et quartiers à voir ou à éviter dans la ville. Une bonne option, c’est de se faire indiquer les chemins et lieux sur une carte pour bien se repérer. Par contre, je déconseille fortement de se promener avec une carte à la main, pour éviter d’attirer l’attention en ayant l’air perdue!

Je recommande aussi les hébergements où le déjeuner n’est pas inclus ou optionnel, parce que les environs regorgent souvent de bonnes adresses avec des déjeuners typiques et délicieux! Personnellement, j’adore nos déjeuners en Amérique latine!

EN TOUT TEMPS, ON SURVEILLE SES EFFETS

On ne le dira jamais assez: même dans un petit hôtel sympa et accueillant, il faut ranger ses affaires dans des casiers verrouillés. Quand il n’y en a pas, je recommande de fermer son sac à dos avec des cadenas et s’il faut le laisser à l’auberge ou à l’hôtel, on veillera à garder avec soi son argent et ses documents d’identification et de voyage. Même chose pour les objets de valeurs.

Un autre moment pendant lequel il faut bien faire attention avec ses effets? Quand on prend le bus! Je dirais de toujours s’assurer que son sac est bien dans le bus que l’on va prendre (il peut y avoir plusieurs départs simultanés et une certaine pagaille parfois sur les quais). Attention aussi à ce que le ticket de bus corresponde bien à la destination que l’on a demandé et que l’étiquette sur son bagage soit identique au coupon pour le réclamer.  

Il faut aussi toujours garder son passeport, argent, ordinateur, cellulaire et tout ce qu’on peut avoir de valeur dans un sac que l’on garde avec soi, un sac qu’on ne doit jamais perdre de vue. À ce sujet, peu importe ce qu’on vous dit, ne laissez jamais votre sac dans le compartiment sous le siège.

Même si ça semble évident, il vaut mieux éviter de sortir en public son téléphone s’il est dernier cri. Le plus simple, c’est encore de se procurer un cellulaire bon marché dans le pays dans lequel on se trouve et pour ça, il ne faut pas hésiter à demander un coup de main de vos hôtes ou à la réception. De la même façon, si on voyage avec un appareil photo qui vaut cher, je demanderai à mes hôtes où le sortir sans danger. On ne veut pas se faire voler pour quelques clichés! Il y a beaucoup d’endroits où prendre des photos sans souci, mais parfois, il va falloir se contenter de sa mémoire pour repartir avec des beaux souvenirs!

TOUJOURS UN OEIL SUR SA BOISSON

Que l’on voyage seule ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’amuser! Je ne peux que recommander de se laisser porter par l’enthousiasme d’un groupe de voyageurs ou de locaux pour se joindre à une fête mais il faut rester en contrôle de ce que l’on consomme. Non seulement en quantité, il ne faut jamais être saoule, mais aussi parce que malheureusement c’est encore trop commun de voir ça, la drogue du viol fait des ravages. La scopolamine est redoutable : on reste consciente mais toute notre volonté est complètement annihilée et personne ne peut se rendre compte si on se fait entraîner contre notre gré. Tristement connue pour les vols, séquestrations, abus sexuels et viols qu’elle rend très faciles, je ne peux que recommander une extrême prudence et vigilance par rapport à ce que l’on boit et ce que l’on mange.

Couvrir sa boisson avec sa main quand on ne boit pas, ne pas accepter de verre de la part d’inconnus et ne pas finir sa consommation si on l’a perdue de vue à un moment donné sont quelques uns des conseils de base à suivre scrupuleusement. On préfèrera passer pour une fille un peu antipathique et refuser un verre que de s’exposer à des risques non nécessaires!

LA NATURE SAUVAGE OUI, LE DANGER NON.

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Zone rurale de la ville de Popayán, Colombie.

Les pays d’Amérique latine regorgent de lieux naturels paradisiaques incroyables et qui sont une source d’émerveillement infini pour quiconque les visite. J’avoue que j’aime particulièrement la solitude dans ces moments-là, cette sensation unique de visiter un endroit et de jouir de ce trésor comme s’il n’était qu’à moi, profitant qu’il n’y est personne d’autre alentours.

Mais parfois, ces lieux isolés ou en pleine nature peuvent être risqués quand on voyage seule. Il est essentiel de bien s’informer de la dangerosité de l’endroit avant de s’y aventurer!  Si par exemple il est déconseillé d’y aller seule en tant que femme, pourquoi ne pas se joindre à un groupe mixte? Par contre, même en groupe, il vaut mieux éviter les zones signalées comme dangereuses par les locaux ou les autorités car même en groupe, on peut être vulnérable face aux vols ou aux attaques.

Autre chose, seule ou accompagnée, mieux vaut ne pas s’aventurer dans les endroits ou le signal du cellulaire ne passe pas ou est très faible : ça risque d’être beaucoup plus complexe pour joindre les secours en cas de problème.

ON RESTE EN CONTACT ET JOIGNABLE

Ce n’est pas parce qu’on est grande, mature, indépendante qu’il faut couper tout contact avec ses proches pendant son voyage. En fait, considérant le niveau de dangerosité de certaines zones du continent, c’est essentiel de rester connectée. Pas la peine d’informer tout le temps, tout le monde non plus. Ce que je recommande, c’est plutôt de choisir un membre de la famille ou un ami qui soit le “centre de nouvelles”. Chaque jour, un petit message pour lui partager le programme que l’on va suivre et chaque soir en allant dormir, dire que tout va bien. Selon moi, c’est une excellente façon de maintenir le contact de façon sécure tout en restant libre de ses mouvements. Idéalement, on enverra à cette personne-là une copie de nos billets d’avion, bus, les adresses où on va rester, etc. pour que quelqu’un ait notre itinéraire et nos trajets en cas de besoin.

Partager le numéro de téléphone d’un compagnon de voyage avec qui on va faire un bout de trajet peut aussi s’avérer une bonne idée. On peut également s’acheter un téléphone à carte pré-payée sur place et nos proches pourront nous joindre sans que l’on ait à payer les frais parfois exorbitant des communications internationales sur notre cellulaire. De là le point le plus important: s’assurer que notre téléphone soit toujours chargé et allumé! Ça paraît évident mais quand même! En effet, si on doit passer par une zone sans signal, on pensera à informer notre personne contact pour éviter qu’elle ne s’inquiète pour rien!

Comme souvent les téléphones sont aussi de bons appareils photos et que les connections internet se trouvent relativement facilement, on peut en profiter pour publier des photos sur nos réseaux sociaux, une bonne façon pour nos proches de savoir où l’on est et avec qui, sans compter que les beaux clichés vont sans doute attirer de nouveaux abonnés!

QUAND ON SE POUSSE, PAS DE POUCE

En Europe et aux Etats-Unis, c’est plutôt facile pour les voyageurs de faire du pouce quand ils sont un peu juste niveau budget ou qu’ils sont loin de tout transport public. Bien sûr, ce n’est pas que personne ne voyage sur le pouce en Amérique latine ou que ça se termine toujours dans les gros titres des faits divers, mais quand on voyage seule, on est aussi bien d’éviter ce moyen de transport!

Avec un groupe, le danger de se faire enlever est un peu moindre mais honnêtement, il faut essayer de planifier ses trajets autrement pour ne pas être mal prise, au milieu de nulle part, sans moyen de transport. Si c’est un dernier recours, il vaut mieux choisir de monter à bord du véhicule d’une femme ou d’une famille mais jamais avec des hommes seuls ou qui affichent une mine patibulaire. Là encore, il faut faire preuve de bon sens et suivre son intuition. Cela dit, tout n’est pas noir! Je suis moi-même sortie saine et sauve d’un trajet sur le pouce, prise par un camion avec des amis, de Popayán à Ipiales en Colombie et une autre fois, avec un couple pour aller de Tulcán à Ibarra, en Équateur.

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Mon voyage en camion de Popayán à Ipiales, Colombie.

ON NE CHANGE PAS D’ARGENT DANS LA RUE

En général, les bureaux de change officiels sont plutôt rares et tout est compliqué et ils sont rarement en faveur du voyageur.  Dans ces conditions, le marché noir pour changer l’euro ou le dollar ont fleuri un peu partout. Ma recommandation, c’est d’essayer de changer avec des amis, d’autres voyageurs en qui on a confiance, ses hôtes ou encore peut-être à l’hôtel ou l’auberge où l’on séjourne. Ça peut coûter un peu plus cher que sur le marché noir mais c’est toujours mieux que de perdre tout son argent et de se faire escroquer!

LA PEUR N’ÉVITE PAS LE DANGER ET PARFOIS ELLE L’INVITE

Il n’y a rien comme afficher une mine effrayée pour se signaler vulnérable et désemparée! Même si on n’est pas sûre de soi, il faut toujours montrer de la confiance en soi et éviter de montrer que l’on est inquiète. Rien de tel que de parler avec confiance, de demander des informations avec assurance, de marcher la tête haute et de ne pas laisser transparaître le doute ou la crainte, même si on se sent un peu perdue…

Mais surtout, si on se sent en danger, si on perçoit quelque chose d’anormal, il ne faut pas hésiter à demander de l’aider à d’autres femmes ou des familles et à se réfugier dans des lieux publics fréquentés. Malheureusement, on ne peut pas faire aveuglément confiance à la police, mais ça ne veut pas dire qu’il faut la fuir non plus!

Pour sortir le soir, mieux vaut être accompagnée et passer par des rues ou des lieux fréquentés et éviter les petites rues sombres ou les passages isolés.

Ceci dit, pas besoin de devenir paranoïaque non plus ou de renoncer à partir! Si la peur n’évite pas le danger, la prudence et le bon sens sont les meilleurs compagnons de route et pour éviter les problèmes il faut garder les yeux ouverts, la tête haute et suivre son instinct. En observant aussi ces quelques règles simples on peut profiter de lieux et des personnes incroyables sur notre chemin! Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon voyage car ce continent, pour ses gens, ses paysages et son histoire en vaut vraiment la peine!

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