LEBON Trait d'union
Voyages

48h à Bogota

Par Kesmira Zarur-Latorre

Comme je l’ai mentionné dans un précédent article, je n’habite plus à Bogota mais j’y suis retournée presque un mois, l’occasion pour moi de redécouvrir ma ville d’origine. Bonnes adresses, coups de cœur et incontournables, voici mon tour de la capitale colombienne revisitée, entre mes souvenirs et quelques nouveautés que j’ai particulièrement aimées. 

Mais avant de nous plonger dans ses rues, laissez-moi vous parler de l’aéroport! Récemment rénové, il a maintenant la fière allure d’un terminal international, avec beaucoup de commerces, de restaurants, de mouvement et d’achalandage. Le seul pépin: le parking. Disons qu’il y a un problème d’embouteillage pour ceux qui décident d’accompagner leurs amis ou famille (et pour les Colombiens, c’est encore un incontournable: tout le monde DOIT aller à l’aéroport pour assister au départ ou à l’arrivée de ses voyageurs), mais pour le visiteur, il y a de nombreuses options entre les taxis et les autobus, surtout que l’aéroport, une fois n’est pas coutume, est situé dans la ville.

Petite parenthèse: quand mes parents étaient enfants, la récompense pour leur bon comportement, c’était de les amener sur une petite colline à côté de l’aéroport afin de voir voler les avions! Et autant se le dire, toute une génération est allée assister à ce “spectacle”! 

Mais ne perdons pas le fil, voici 48 heures à Bogota!

Jour 1

9 heures (j’étais en vacances, j’imagine que vous le serez aussi, alors pas besoin de se réveiller trop tôt… et ça vaut la peine de sauver votre énergie.)

Commencez la journée par un petit déjeuner casero avec plein de fruits, des œufs, du riz, et, pour l’occasion, mon père nous a préparé de délicieux plats arabes, mais si vous êtes dans un logement avec cuisine ou à l’hôtel, n’hésitez pas à prendre un déjeuner copieux ou sortez dans la rue car vous trouverez sans aucun doute de quoi vous remplir l’estomac avec un repas matinal typique (comptez sur une base “œuf-pain-jus” et café, bien sûr!)

10 heures – Une sortie vers le Nord

Bogota a beaucoup changé et on peut le constater si on voit rue après rue comment évoluent les constructions. Des maisons en brique, on passe à d’énormes bâtiments de béton, acier et verre, avec des locaux commerciaux au premier étage et au rez-de-chaussée.

Je suis bien contente de voir que pour autant, la ville conserve encore les grandes avenues bordées d’arbres, les boulevards séparés par une frange végétale, ainsi que les trottoirs verdis comme une façon de distraire les gens pendant les longs embouteillages et garder un peu de nature au cœur de la ville. 

sortie-vers-le-nord

Pour ce premier jour, vous pouvez louer une voiture et en route pour une escapade hors des murs de Bogota! Embarquez sur l’Autopista Norte, direction le nord de la ville où le vert vous attend! L’autoroute donne sur les grandes étendues vertes de la Sabana et traverse de grands pâturages qui séparent la capitale des petits villages alentours. Et quand je dis “petits villages”, je vous parle d’endroits où la vie tourne autour d’une église et d’une place, où les gens se retrouvent et prennent le soleil pendant qu’ils regardent le temps passer tranquillement. Le stress de la capitale n’atteint pas les populations de ces édens ruraux pourtant pas si éloignés. Je vous recommande de vous arrêter par exemple à Tabio ou Tenjo et d’explorer les ruelles pour une expérience authentiquement colombienne et hors des sentiers battus. 

13 heures – Repas typique à Andres Carne de Res

Le tour des villages vous a plu? Maintenant, direction Chia sur le chemin du retour. Je vous recommande Andres Carne de Res, un restaurant qui a commencé avec un concept un peu farfelu d’un monsieur plutôt fou qui voulait faire quelque chose de différent. Il avait un grand terrain à Chia, un petit village pas loin de Bogota et il a construit une bâtisse de bric et de broc… Disons qu’il a fermé quatre murs autour d’un patio avec les matériaux qu’il a trouvés. Ensuite, il l’a rempli de tables et de chaises que lui-même a bricolées. Laissez-moi vous dire que vous n’en trouverez pas deux pareilles! Avec la décoration, il a fait un peu la même chose. Vieilles affaires prises dans des maisons sur le point de tomber, bouteilles vides de soda, bière ou des pots décorés à la main, boîtes inutilisables, jusqu’à des vieux vêtements qui pendaient au plafond ou sur les murs, histoire d’insister sur le côté coloré et très, très, très, chargé de l’endroit. Bon à savoir, si vous tombez en amour avec le lieu ou le personnage, vous pouvez toujours acheter ces objets “décoratifs” sur place.

Dans la même veine, les serveurs sont très extravertis, préférablement des étudiants qui n’ont aucun problème à se déguiser comme les personnages d’une troupe de théâtre de rue et qui, surtout, transmettent joie et bonheur pour le plus grand plaisir d’une clientèle de tous les âges.  

Je dois dire que Andrés Jaramillo (le fameux propriétaire) a mis dans la cuisine une équipe qui prépare les repas les plus typiques de la gastronomie colombienne, qu’on appelle aussi criolla ou, si je peux dire en bon québécois, “de souche” ou “pure laine”.

Son idée attire des gens d’un peu partout, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit – la rumba y est très célèbre! – , quitte à payer une addition un peu plus salée qu’ailleurs histoire de passer un bon moment avec des amis ou de la famille dans une ambiance unique évidemment!

Aujourd’hui, en plus du local original à Chia et d’une deuxième succursale à Bogota dans une zone très exclusive, à ma grande surprise, il a ouvert des petits locaux dans beaucoup de centres d’achat! Il y en a un même dans l’aéroport. Il les appelle les ‘Andrés Carne de Res Express’. Les serveurs ne sont pas déguisés, il n’y a pas beaucoup de tables, mais la décoration et l’ambiance suivent les mêmes lignes de la maison mère.

Andrés Carne de Res – Plusieurs succursales par tout le pays. La principale: Calle 3 # 11 A-56, Chia. Ferme à 3h du matin. Bogota: Calle 82 # 12-21.

15 heures – Visite à la Catedral de Sal

Reprenez la route, direction Nord-Est, vous trouverez rapidement la ville de Zipaquira, qui attire les visites grâce à une œuvre de génie: une ancienne mine de sel qui abrite une grande église, proclamée cathédrale par les hiérarques catholiques. Mais à l’intérieur de la mine, on trouve aussi un labyrinthe de nefs et de passages souterrains qui maintenant sont animés par une mise en scène presque cinématographique, avec un spectaculaire jeu de son et lumières. Située dans le Parque de la Sal (Parc du sel), l’installation ouvre chaque jour de 9 heures à 18 heures. 

17 heures – Arrêt obligatoire pour manger (oui, encore manger!) des arepas de maïs

Au bord de l’autoroute, on peut se stationner sur certaines haltes qui n’ont que des petits restaurants pour manger. Vous n’y trouverez pas de boutiques mais des établissements sans prétention où, selon moi, la nourriture est vraiment délicieuse. Il y a des arepas (grandes galettes de farine de maïs, plus grosses qu’une tortilla), il y a du maïs grillé, du chocolat chaud et toutes sortes de fromages, et charcuteries… Évidemment, on retiendra plus le plaisir que le nombre de calories dans cet arrêt gastronomique! 

21 heures – Souper au Black Bear

Pendant les dix dernières années, Bogota a vécu un boom gastronomique qu’il faut souligner. Il y a partout dans la ville des restaurants de premier ordre qui sont tout à fait à la hauteur des meilleurs au monde. Il y a aussi d’autres établissements éphémères qui donnent aux foodies l’embarras du choix.

 Au fur et à mesure que les restaurants ouvrent, la ville a commencé à être divisée en “zones gastronomiques”. Ce sont des secteurs bien définis qui regroupent des restaurants de toutes les spécialités, architectures et styles. On a notamment la traditionnelle zone T, une des premières à être baptisées avec une lettre qui vient de sa forme géographique. Elle est localisée dans un secteur très chic, autour des rues 82 et 85. On la connaît aussi comme Zona Rosa

Après la T, toutes les autres ont commencé à être nommées avec des lettres, comme la G, entre les rues 69 et 71, en haut de la Carrera 7, qui est entourée des quartiers résidentiels et grands bâtiments qui se décrochent des montagnes, ou encore la Macarena (que certains appellent la M).

Notez que les restaurants à la mode sont aussi dans d’autres zones nommées d’après les secteurs ou quartiers où elles sont localisées: Parque de la 93, Usaquén, Quinta Camacho, La Candelaria. 

Pour notre souper, on a donc essayé une zone que je ne connaissais pas: celle qui est autour de l’Église de la Concepción del Chicó (les Colombiens sont encore très catholiques, et les églises restent un point de référence). Dans cette zone en pleine croissance, on est allés au Black Bear. Honnêtement, très bon choix pour son ambiance et, bien sûr, sa cuisine! Son menu est composé d’un peu de tout, poisson et viande (crus et chauds), mais le restaurant propose aussi une bonne variété de plats pour les végés et les allergiques au gluten. Bon à savoir, ils ont aussi une impressionnante diversité de cocktails et de boissons alcoolisées!

J’ai indiqué 21 heures parce qu’en Colombie, on prend le dernier repas très tard dans la soirée.

Black Bear – Carrera 11 A # 89-10

Jour 2, Bogota intra muros

9 heures – Brunch au Masa

La journée commence très bien dans la boulangerie Masa, littéralement “la pâte”, un café-bistrot qui a connu un grand succès dernièrement. Il y a une succursale située dans la “Zone G”, où on peut goûter, entre autres, des œufs en cassolette de fonte, avec de l’avocat flambé, un gros panier de pain (toutes sortes de délices sortis du four), une chicha de melon d’eau (boisson typique fermentée, avec cette nouvelle saveur inédite!) et, bien sûr, du café!

11 heures – Promenade à pied dans le centre historique

La Candelaria est le quartier qui a vu naître Bogota. C’est là où, à son arrivée sur une plaine, le conquistador espagnol Gonzalo Jiménez de Quesada a érigé douze petites maisons et, bien sûr, une église, le 6 août 1538. Aujourd’hui, on peut visiter l’endroit, où il y a une charmante place appelée Chorro de Quevedo et y commencer un parcours à pied typique. C’est l’occasion de se laisser aller et de se perdre dans les merveilleuses petites rues qui ont fait l’histoire de la ville et les histoires de nombreux amoureux ici! C’est un décor romantique où les balcons s’accrochent au-dessus de chemins pavés de pierres, de souvenirs et de rencontres.

Faire une promenade par les petites rues sinueuses, c’est l’occasion de découvrir des noms pour la plupart évocateurs: la Calle del Silencio (du silence), la Calle Sola (seule), ou la Calle del Amor (oui, la rue de l’amour!) Il y a d’autres noms qui sont très évidents, comme la Calle de La Fatiga (de la fatigue, car elle est vraiment escarpée!) et d’autres qui, bien sûr, dans un pays très marqué par le catholicisme, rendent hommage aux saints. La marche oblige à se reposer sur les bancs des petites places, comme celle de Palomar del Príncipe et à regarder les balcons pleins de fleurs colorées.

Tout au long du parcours, on trouve aussi beaucoup de musées parmi lesquels, l’incontournable Musée de l’Or et le Musée National, qui soulignent l’histoire du pays et de ses habitants. 

Vous verrez aussi d’anciennes maisons très bien conservées. Remarquez notamment celles qui sont sur un grand terrain, avec un patio central, et qui ont été le témoin d’épisodes marquants des époques de la Conquête, la Colonie et l’Indépendance du pays. La plupart de ces grosses maisons sont aujourd’hui des restaurants ou des AirBnb ou des hôtels, donc si vous avez la chance, n’hésitez pas à rentrer voir la cour intérieure. On trouve aussi dans le quartier de nombreuses églises, qui gardent des trésors de l’art religieux et reflètent tous les styles architecturaux (colonial, baroque, gothique, néoclassique, florentin, art nouveau…)

Le Centre historique concentre tous les édifices du gouvernement, qui s’érigent autour d’une très vaste et imposante place, la Plaza de Bolívar. On y trouve le Palace Présidentiel (Casa de Nariño), la mairie (Palacio Liévano), le Congrès (Capitolio Nacional où siègent Sénat et Chambre de Représentants), les hautes cours (Palacio de Justicia), et la Cathédrale Primada de Bogota. Les plus curieux peuvent visiter les plus importantes universités du pays, car ses campus sont une partie animée et attirante du Centre de Bogota.

Plaza de Bolívar – Carreras 7 et 8, calles 10 et 11

13 heures – Repas obligatoire!

Et oui! C’est déjà l’heure de manger. Au cœur de La Candelaria, au centre historique toujours, direction Prudencia. Un restaurant très trendy qui occupe une vieille et belle maison historique, avec un patio à l’arrière où ils cultivent les herbes, fleurs et légumes qu’ils utilisent dans leur menu. Dans ce nouvel établissement, on trouve une intéressante offre gastronomique qui change selon les options du marché. Son chef dit qu’il préfère ne pas avoir un menu fixe alors, il le change fréquemment. Si vous n’aimez pas les surprises, je vous suggère de consulter leur menu quotidien disponible sur leur page Facebook. À noter, ce restaurant n’est ouvert que pour le repas du midi et jusqu’à environ 15 ou 16 heures et, selon moi, ça vaut bien la peine de l’essayer! 

Prudencia – Carrera 2 # 11-33 – La Candelaria

16 heures – Vue panoramique sur la ville 

Dans l’après-midi, j’ai profité de ce 48h pour redécouvrir le Monserrate, la plus haute montagne de Bogota. La ville est entourée de collines; les plus importantes forment une bordure par l’Est, et deviennent un point de repère pour se localiser dans la carte (on y était hier!)

Mais Monserrate, c’est plus que ça! C’est comme le phare, la fierté et l’attraction centrale de la ville.

 Pour y accéder, il faut gravir ses 3152 mètres de hauteur. Surtout le matin, il y a des gens qui montent à pied par un escalier suivant un sentier aménagé au coeur de cette oasis naturelle et c’est idéal pour apprécier le paysage. Mais il y a aussi un téléphérique et un funiculaire qui augmentent le spectacle et le plaisir! Je suis donc montée en téléphérique, suspendue dans les airs dans des cabines où une quinzaine de personnes peuvent embarquer, et je suis descendue en funiculaire, traversant la montagne sur les rails.

En haut, il y a une église et sur la colline, il y a toujours des petits stands où on peut acheter des articles d’artisanat et des souvenirs. Il y a aussi quelques restaurants où il vaut la peine d’aller prendre un verre ou un café pour se délecter avec une vue panoramique de la ville ou du coucher du soleil. Le plus traditionnel est Casa San Isidro, car il y a de bonnes tables à côté de la cheminée: mon endroit favori!

Monserrate – Carrera 2 Este No. 21-48. Paseo Bolívar
Pour monter à pied, il ne faut rien payer, mais pour utiliser le téléphérique ou le funiculaire, il y a un guichet sur place, en bas de la montagne, où on peut acheter les billets. (Le coût dépend du jour et de l’heure: dimanche, c’est moins cher (mais aussi plus achalandé), et les soirs de décembre et janvier, c’est plus cher parce que le parcours inclut une vue des illuminations de Noël.

Notre 48h touche déjà à sa fin, mais si vous avez quelques jours de plus à passer sur place, Bogota a mille autres endroits à découvrir! Pour vous déplacer dans la ville, le taxi est une bonne option, mais il faut toujours appeler votre chauffeur et demander le numéro de sa plaque pour le repérer plus facilement. Uber est une bonne option, mais fait actuellement l’objet d’un débat avec les autorités. Enfin, le système public des bus Transmilenio est efficace, mais assurez-vous de ne pas trop attirer l’attention avec des objets de valeur ou un cellulaire dernier cri.  

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