J’ai fait la paix avec les écureuils

Par Isabelle Millaire

J’adore jardiner. Nourrir les oiseaux. Avoir les mains dans la terre. Et regarder les oiseaux dévorer les graines de tournesols noires dans les mangeoires que j’installe pour eux – les oiseaux - sur mon terrain. Je nourris donc les oiseaux. Mais pas que. Il y a les écureuils, ces gloutons effrontés, qui viennent s’empiffrer dans les mangeoires conçues pourtant pour les OISEAUX. Mais pas que, visiblement. Je vois régulièrement des écureuils juchés sur mes mangeoires – pourtant accrochées à des poteaux «anti-écureuils»… C’est qu’ils sont habiles, ces spermophiles (oui, oui, cherchez, vous verrez, il s’agit bien du nom «scientifique» de l’écureuil!). J’ai essayé plein de gadgets anti-écureuils. Échec à chaque fois. J’ai essayé de distraire ces petits gourmands poilus en leur lançant des peanuts. Sans succès. En plus de creuser des trous partout pour cacher leur butin en écaille, ils continuaient de se sustenter aux mangeoires de mes oiseaux.

Un écureuil qui se régale dans une mangeoire pour MES oiseaux

Les écureuils aiment aussi à la folie les bulbes. Les bulbes que je plante à l’automne en croisant les doigts pour qu’ils poussent au printemps. Mes petits ennemis à quatre pattes creusent frénétiquement à la recherche de mes bulbes de tulipes dont l’odeur les enivre. Parfois, ils en prennent une croquée et les laissent ensuite pourrir au soleil. Parfois, ils les transportent et les enfouissent ailleurs… pour les savourer plus tard, j’imagine. Mais comme moi, les écureuils ont parfois la mémoire qui flanche… et mes voisins se retrouvent alors, médusés, devant trois tulipes qui poussent mystérieusement au beau milieu de leur cour. De rien, chers voisins.

Là encore, tous les trucs qu’on m’a donnés ne sont pas venus à bout de l’appétit gargantuesque des écureuils.

Ce qu'il reste d'un beau tournesol… gracieuseté de Monsieur L'écureuil

À bout d’idées, je me suis questionnée: est-ce que j’arrête de nourrir les oiseaux? Est-ce que je rage intérieurement chaque fois que je vois un écureuil? Est-ce que je suis capable de «faire avec», c’est-à-dire accepter que les écureuils existent et qu’ils ont un ventre sans fond? Et la réponse est là, je crois: l’acceptation. Je ne veux pas cesser de nourrir les oiseaux ni renoncer aux fleurs de printemps. Donc, je dois accepter la présence des écureuils. Accepter ce que je ne peux changer, ce sur quoi je n’ai aucun contrôle. Voilà tout. Et j’ai lâché prise. J’ai décidé de ne plus me casser la tête avec ça. Non, je n’ai pas «baissé les bras». Je choisis mes batailles, et celle-ci n’en vaut clairement pas la peine. J’ai plutôt décidé de retrouver mon cœur d’enfant et de les trouver mignons, les spermophiles. Car ils le sont, mignons. Je l’avais juste oublié, occupée que j’étais à tenter de les éloigner de mon terrain.

septembre 25, 2020 — Isabelle Millaire

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