Japon : trois choses que j’ai adorées, détestées, qui m’ont étonnée ou qui me manquent ...

Par Hélène Lebon

Quand on part en voyage, on explore et on découvre dans chaque culture, pays ou région des choses qui nous emballent et d’autres qu’on déteste. Mon premier voyage au Japon était en février et après l’avoir tellement rêvé, ça y est, j’y suis enfin allée! Un peu inquiète de savoir si je ne l’avais pas trop idéalisé, j'ai été fascinée! Voici mes coups de coeurs et mes déceptions, ce que j'ai adoré, détesté, ce qui m'a surprise et ce qui me manque du Japon!

Trois choses du Japon que j’ai adorées

  • Modernité et tradition : C’est peut-être l'équilibre entre les deux. C’est peut-être parce que ça parle à toutes les facettes de ma personnalité ou encore que l’association des deux est heureuse comme nulle part ailleurs. Mais il m’a semblé qu’au Japon, l’éclatante dichotomie entre passé et présent / futur était une évidence sociale et culturelle harmonieuse. Ça ne m'a pas choquée, par exemple, les buildings de verre collés au temple Hie Jinja.
  • Nourriture et gastronomie : Je crois que si mon estomac avait des yeux, il les aurait parfois écarquillés quand j’ai goûté certains mets. Le fait est, j’ai aimé tout ou presque de ce que j’ai goûté : les spaghettis de chez Coffee Yama où nous a emmenés Suemarr (oui, oui, le café a même eu un prix pour ses fameux spaghettis) , les aubergines façon pickle de Kyoto de la petite madame en bas de notre hôtel, ou le oden du izakaya à Osaka, avec mon amie Sanae. Bien sûr, mention spéciale pour le saké rose au Morohoshi Saké Bar, mon préféré.
  • Facilité pour se faire comprendre : Je ne dis pas pour "parler" ou "échanger", car je ne parle pas japonais et tous les Japonais ne parlent pas anglais, surtout hors des centres urbains. Mais j'ai adoré la facilité pour se faire comprendre. Oui, vous pouvez compter sur Google translate (qui amène parfois des situations cocasses dont il vaut mieux rire). Cela dit, il y a surtout, cette volonté intrinsèque de bien faire, de bien répondre, de bien paraître chez les Japonais. Finalement entre le visiteur qui a besoin d’une information et le local qui peut aider, on se comprend.

Trois choses du Japon que j’ai détestées

  • Les fumeurs dans les restos : OK, ça, beurk! Ça m’a rappelé le temps (que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... bref, vous connaissez la chanson) où on sortait dans les bars et on rentrait chez soi les cheveux et les vêtements imprégnés de l'odeur âcre du tabac. Re-beurk. Surtout quand on s’apprête à manger. Les fumeurs peuvent fumer dans certains izakayas ou parqués dans des enclos minuscules sur certaines rues. Mais pas dans la rue en général ou dans les parcs. J’aime l’idée de les concentrer, mais pas dans les bars…
  • Le calmar gluant du saké bar : De toutes les textures, les apparences et les saveurs que j’ai goûtées dans ma vie, c’est peut-être une des choses dont je suis le moins sûre… Caoutchouteux, salé au possible, avec un goût de marée plus que de mer et aussi gluant qu’il en a l’air, voilà, j’avoue: j’ai un peu flanché. Mais j’en ai pris deux ou trois fois et, effectivement, avec le saké, ça passe mieux. Disons que je m’en passerai la prochaine fois, car j’ai adoré bien d’autres items sur le menu.
  • Le fait de ne pas parler japonais : C’est de ma faute, ma responsabilité, mais vraiment, j’aurais tellement aimé ça! Saisir plus de subtilités, avoir des discussions plus profondes avec mes amis et nouvelles connaissances et me donner une chance de rencontrer plus de monde. Alors depuis mon retour du Japon, j’ai testé plusieurs guides ou sites pour apprendre. J’aime bien Jeparlejaponais.com, à 10 euros par mois, soit environ 15$ CAD. C’est bon pour se faire une base, ensuite rien ne vaut la pratique et les interactions, je le vois quand je parle avec mon amie Sanae…

Trois choses du Japon qui m’ont étonnée

  • La quantité de «beaux magazines» : fan du design et de l’esthétique japonaise dans bien des domaines, j’ai adoré me perdre dans les sections de magazines de déco et de mode des papeteries. Mention spéciale pour celle qui est au croisement de Shibuya où la fille, devant mon air assuré en saisissant les revues, m’a demandé quelque chose... que je n’ai pas compris et qui l’a bien surprise! Je l’ai dit, ne pas parler japonais, c’était quand même dommage! Je suis revenue avec une belle récolte de revues dont le graphisme, les rubriques, le stylisme sont encore aujourd’hui une source d’inspiration que j’adore consulter.
  • L’heure de pointe chorégraphiée et supportable : Tokyo n’est pas très peuplée, mais plutôt archi-méga-densément peuplée! Et pourtant, je ne me suis pas sentie étouffée ou claustrophobe. Pas même pendant l’heure de pointe, silencieuse et rythmée. Personne qui ne bouscule personne, pas téléphone à qui mieux mieux ou d’odeur de bouffe, non, ici, chacun dans sa bulle respecte celle des autres et rend ces instants très bondés bien plus agréables que dans les villes occidentales que j’ai connues. Du calme et de la fluidité dans une foule qui s’agence sans chaos.
  • La juxtaposition des ruelles et des grandes rues : Il y a bien plus qu’un Japon, ça, avant même d’y mettre le pied, j’en ai pris conscience, notamment à travers des ouvrages sur le pays dont j’ai parlé dans un précédent article. Et j’ai pu le constater, même en si peu de temps passé là-bas. À Tokyo par exemple, ce sont vraiment des univers différents qui cohabitent. En plein quartier de Ginza, avec ses grands magasins et riches façades façon Champs-Élysées, tournez un coin de rue et d’un coup, une petite ruelle s’offre à vous. On y entend les oiseaux et les portes plus basses des izakayas coulissent sur des salarymens tout droit sortis de ma série préférée. J'entends déjà les notes de Suemarr.

Trois choses du Japon qui me manquent

  • Mes amis! Ah! Suemarr mon ami artiste à Yokohama, Sanae mon amie styliste à Osaka, mais aussi Tooru Shimomura le maître Indigo de Ohara, Sanae qui tient le Sammy's Hawaiian Cafe, Michiharu Morohoshi, propriétaire du Morohoshi Saké bar (Shimin Shuzo Moroboshi), tous autant qu’ils sont m’ont d’ailleurs souhaité bon anniversaire avant tout le monde, décalage horaire oblige! Les vidéos, mini-documentaires et reportages s’en viennent bientôt sur eux et ces productions ont le don de me replonger dans le Japon, en attendant de pouvoir retourner les visiter. Ils ont façonné mon introduction avec les mots du coeur, faisant fi de ce que j’ignore leur langue.
  • Seven Eleven : Un café? Un petit creux? N’importe quoi? Vous le trouverez probablement ici, ouvert tous les jours et la plupart du temps, à toute heure. C’est le convenience store qu’on a adoré et adopté avec Mario. Il y a d’autres chaînes comme Family Mart, mais honnêtement, cette marque bien connue est une valeur sûre à repérer et, bon à savoir, alors qu’on ne pouvait pas retirer de l’argent comptant de tous les distributeurs (même ceux des banques prévus à cet effet), les distributeurs ATM de Seven Eleven ne nous ont jamais fait défaut!
  • L’onigiri et la soupe miso : on en revient à la bouffe, mais que voulez-vous, quand c’est bon, ce serait dommage de se priver! Bonne nouvelle, avant notre départ, mon amie Manon de La Petite Bette m’avait montré comment cuisiner la soupe miso et à notre retour, hop! une recette d’onigiri avec un unboxing gastronomique (défi katsuobushi relevé si vous vous souvenez)! Facile à faire à la maison, je garantis qu'on y retrouve les mêmes notes que sur l’archipel nippon. Désormais, j’explore davantage la cuisine végane, alors je pense avoir d’autres recettes à vous faire découvrir bientôt!

Bien sûr, cet aperçu aurait pu être bien plus fourni et, bien sûr, il est imparfait et personnel. Évidemment, notre court séjour au Japon ne m’a pas permis d’explorer en une seule fois toute la richesse de ce pays complexe et fascinant. Ce ne sont que des bribes de voyage, mais des anecdotes et des expériences - mais elles sont vraies pour sûr et constituent des souvenirs vifs qu’il m’a fait plaisir de partager et de revivre à mesure que je les écrivais, car chose certaine, ce que j’ai le plus adoré et qui me manque le plus du Japon, c’est le Japon. À l’ouverture des frontières, ne me cherchez pas, c’est là que je serai.

novembre 18, 2020 — Hélène Lebon
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